La femme déesse

Être une femme aujourd’hui

C’est oser vivre notre différence .

C’est oser accepter nos imperfections afin de vivre notre vulnérabilité.

C’est oser refuser le combat de nos mères dans leurs croyances.

C’est oser regarder notre nombril .C’est par lui que nous avons reçu la vie. Alors pourquoi l’ignorer. Il devrait avoir toute notre attention.

C’est oser dire notre rendez-vous avec nos crèmes et nos couleurs qui soulignent notre éclat, rendent brillantes nos courbes généreuses.



C’est oser mettre nos formes en valeur avec finesse, élégance et grâce afin d’honorer dame nature. Pourquoi cacher ce dont celle ci nous a dotées . Nos seins nourrissent, nos ventres donnent la vie, nos mains caressent, nos chants adoucissent.

C’est oser vivre notre beauté dans la lumière. N’est il pas égoïste que de l’enfermer dans la profondeur de nos êtres ?

C’est oser prendre notre place dans la famille même si nos enfants et nos maris tempêtent .Petit à petit ils comprendront qu’ils en seront aussi les bénéficiaires.

C’est oser refuser de se sacrifier.

C’est oser vivre notre sensualité .

C’est oser dire notre sexualité.

C’est oser nous regarder comme des miroirs et non pas comme des rivales.

C’est oser être à l’écoute de nos désirs et surtout de les exprimer.

C’est oser écouter notre petite voix intérieure et de la croire.

C’est oser accueillir la vie.

C’est oser donner la vie.

Alors nous pourrons ensemble la célébrer, la danser, l’honorer. Mettons nos plus belles parures, faisons tourner nos jupes et créons nos propres espaces pour la fêter.

Femmes nous sommes .

Pascale Dardion

À quoi sert vraiment notre clitoris ?

Incroyable nous avons un organe qui est totalement dédié à notre plaisir.

Il faut déjà comprendre qu’il est bien plus gros que ce que nous croyons (8 cm !). Il s’étend du gland, à la fourchette et à l’éponge urétrale (voir le dessin de notre yoni et le dessin clitoris). En fait dès que nous touchons notre sexe, nous touchons notre clitoris. Il tapisse également les parois de notre vagin, avec par ci par là des protubérances (point G…) pour notre plus grand bonheur et celui de nos compagnons. Oui en effet, le clitoris est la clef d’une montée en puissance de notre excitation. Nous connaissons plus ou moins bien la façon de le caresser, de le stimuler : cela peut être direct - attention pas trop fort, et en humidifiant bien - ou indirect à travers les petites lèvres, avec le doigt, avec la bouche, avec un caresseur ou avec le gland de notre ami (quel délice !). Nous pouvons aussi le faire seule et çà c’est très bon pour le découvrir, savoir ce qu’il aime, l’apprivoiser quoi ! Nous pouvons le caresser devant notre ami pour lui montrer comment faire, nous pouvons aussi guider la main de notre chéri… c’est infini… Et en faisant cela, nous déclenchons tout une alchimie magique : nous commençons à mouiller, nos lèvres gonflent, nous avons chaud, nous écartons les jambes, nous accélérons notre respiration … enfin tout pour être prête pour la seconde étape. Et oui, la stimulation du gland du clitoris est la première étape des trois qui nous mèneront à l’extase. Je vous en reparlerai à un autre moment : les trois portes, la stimulation du point G. Et bien entendu nous pouvons le caresser à nouveau à n’importe quel moment de la danse, tout est permis ! Pour en savoir plus, tu peux regarder ci-dessous et me poser des questions supplémentaires et surtout expérimenter par toi-même.

 




Pour en savoir plus
- Livre Andrée MATTEAU, Vagin et ses amis interviewés, Editions de Cram, 2003, 143 pages
- Livre Mantak CHIA, William U. WEI, La Réflexologie sexuelle : Le Tao de l’amour et de la sexualité, Edition Maisnie Tredaniel, 2003, 210 pages

Nous sommes des initiatrices

QUEL EST LE ROLE D’ INITIATRICE DE LA FEMME ?

Comme une douce caverne, est la matrice de chaque femme, ou patiemment attend, lové comme un serpent, une belle Déesse. Cette Déesse est sans âge, parfois vieille sage ou mère de compassion, parfois jeune flamme ou brasier ardent, elle est la gardienne des valeurs sacrées du féminin. Elle seule sait faire rimer Amour avec toujours, car celui qu’elle incarne est libre. Il vole avec les ailes du partage, se nourri de respect et de lumière et se pose sur les branches de la créativité. Elle peut être douce et compatissante,ferme et intransigeante, sans jamais être mièvre. Sa puissance est infinie car la mort et la vie sont pour elle deux amies.

Au-delà de toute dualité, les mots bien et mal n’ont pour elle aucun sens, ni même la culpabilité. Seul le grandir en AMOUR compte, et toute expérience vécue dans sa totalité, peut une fois intégré, en être l’opportunité. Elle connaît de la souffrance toutes les racines, et sait que l’une des plus tenaces est liée aux situations inachevées, car elle nous laisse sous l’emprise d’un mental affamé. Sans cesse il nous tourmente avec cette leçon incomprise, et comme une araignée, il tisse au fil de ses doutes, des bandelettes pour nous momifier,dans l’attente de finaliser cette expérience inachevée. Desséchés, nous sommes condamnés pour l’éternité, à finaliser l’expérience, car seul le fruit de son enseignement sera nous libérer .Le mental enfin rassasié, relâche son emprise et nous laisse la liberté de savourer notre nouvelle capacité à s’aimer et à aimer. La Déesse connaît notre histoire depuis la nuit des temps, elle nous suit dans notre cheminement, et respectueuse de notre liberté, n’intervient que si nous le lui avons demandé .Mieux que quiconque, elle sait que nous choisissons toutes nos expériences de vie, pour intégrer les enseignements restés en suspens. Elle sait aussi que les expériences que nous attirons, ne sont pas en rapport avec ce que nous méritons , ni même ne sont les seules susceptible, de nous enseigner la leçon. Mais elle sont plutôt le reflet de ce que nous croyons mériter, des punitions que nous pensons devoir nous infliger, comme seules capables de nous enseigner. Patiemment elle attend, que lassé de cheminer sous les coups de fouets de la souffrance, sur les routes sinueuses de la peur, nous prenions le temps de nous asseoir, et de nous aimer assez, pour enfin s’autoriser à l’écouter. Alors, par elle, nous serons guidé sur la voix de l’acceptation, de la non résistance, parsemée de fleurs ou les leçons sont apprise dans la joie et la pleine conscience, l’effort et la grâce.

Au plus profond de notre caverne sommeille notre Déesse, mais des éboulis de pierres nous cachent l’accès de ce lieu, oh combien sacré ! Son souffle, vient régulièrement nous caresser, et dans nos songes, son appel à être réveillée, attise notre créativité. Mais, encore trop souvent victimes de nos contes de fée, nous attendons en vain le prince charmant, qui de la grotte, viendra déblayer l’entrée, pour venir l’éveiller d’un doux baiser. Or, le seul prince charmant, assez brave pour entreprendre ce voyage, ou les secrets de l’Amour lui seront révélés, est celui qui, par la Déesse initiée, aura été sacré chevalier. Celui dont le cœur n’a pas encore été fécondé, reste sur les terres infertiles de l’Amour non initié, et aussi charmant soit il, perpétuel conquérant, il court indéfiniment, accumulant toutes sortes de territoires, sans parfois même prendre le temps, de s’y reposer, de les respecter ,de les savourer et de les honorer. Dans cette quête sans fin, sous la soumission à ses acquisitions, pris au piège de l’inachevé comme un esclave, il sera momifié. Si le secret qu’elle porte, n’a pas été par l’Amour révélé, une conquête, aussi prestigieuse soit elle, ne peut être source de satisfaction, de sérénité et de liberté. Ce genre de prince est juste capable de faire exploser l’entrée de la caverne, d’offrir à la Déesse endormie une danse endiabler, pour très vite , sur sa couche la reposer, sans avoir même pris le temps de vraiment l’embrasser, et encore moins celui de l’écouter. Il repartira au galop, sans voir que dans sa précipitation, il a déclancher un écroulement, obstruant plus encore l’accès à la grotte sacré.

 

C’est au fil des siècles, que c’est peu à peu refermé, sous les murs des mensonges sans cesse renouvelés, le secret par la femme révélé, de la puissance d’Amour .Il s’est vu être tristement remplacé, par l’amour de la puissance de la peur « en saigné ».Est- ce au temps des cavernes, que pour mieux être protégée par l’homme, et protéger son bébé, la femme a voilé sa puissance, et affiché sa vulnérabilité ?Est ce la crainte de cette puissance, manifesté par la maternité, ou encore la capacité a vivre comme des vagues, plusieurs orgasmes d’affilée ,ou tout simplement, cette infinie capacité à aimer, qui à poussé l’homme a abuser de ce pouvoir, qui lui avait été donné ?Cette crainte, ne la t’elle pas aveuglé sous le glaive rougit de l’orgueil, pour ignorer un sentiment d’infériorité, face à un mystère de toute beauté ? Et pris au piège de la peur, n’a-t-il pas choisit de soumettre, et de nier le féminin sacré ? La peur et sa soeur l’ignorance, voilà les seules responsables, de tant de siècles de violences, et de souffrance

Encore à notre époque, même au cœur des pays, dit les plus civilisés, persiste l’esclavage du féminin sacré. Quoique maintenue dans des formes parfois plus subtile, il reste néanmoins toujours aussi aliénant. Sur la scène politique, les rares femmes présentes, sont celle qui ont mis de côté les valeurs du féminin, pour devenir aussi fourbes et féroces, que ceux qui maintiennent leur pouvoir sous la coupe de la peur. Il en est de même dans le monde des affaires. Le contrôle, fils de la peur, est la valeur suprême qui règne à tout les niveaux dans nos sociétés. L’extase, la joie, ou l’envie de vivre, enfants de liberté, s’en trouvent bien mal menés. La liste est longue des discriminations, et des oppressions subie par la femme, et elle touche tout les secteurs d’activités. Aucune religion ne lui a donné les mêmes droits d’expression qu’aux hommes .Sa place dans l’histoire de l’humanité, a toujours été, reniée ou dévalorisée. Les violences, et les humiliations subie, sont , et la soumission ou elle est maintenu, depuis des siècles, est presque considérée comme normal, et pas seulement par les hommes .Nos Féministes, avec les plus belle intentions de liberté et d’égalité, se sont battues pour que nous ayons les même droits que les hommes, sans même se rendre compte, qu’elle donnait ainsi encore plus de valeurs, aux activités masculines, et ne favorisait pas la reconnaissance des valeurs féminine N aurait il pas été plus judicieux, de se battre pour que le statut de mère au foyer, soit reconnu, et rémunéré, comme tout autre activité, et ceci n’est qu’un exemple, parmi tant d’autres, qui montre que la femme elle-même, en toute inconscience, maintient cet esclavage, en dévalorisant les valeurs sacrées de sa féminité.

Si nous prenons le temps d’examiner, avec lucidité, le miroir que nous offre le lac des jugements portés sur les valeurs associées au féminin sacré, nous verrons sans l’ombre d’un doute, qu’il n’est en fait qu’un marécage de mensonges créé pour nous dévaloriser. N’est il pas insensé de nous nommer le sexe faible, alors qu’une femme peu surfer sur les vagues d’ orgasmes consécutifs, qui non cesse de la vivifier, pendant que l’homme non initié, après la première vague ,doit sur le sable se récupérer ! N’est il pas inconcevable que toutes qualités, comme la gentillesse, la générosité, le partage ou l’humilité, en lien avec notre capacité à aimer, soit considérées comme un signe de faiblesse, de vulnérabilité ! C’est pourtant sur la voix de l’acceptation de cette vulnérabilité, et à la source même de notre capacité à aimer, que nous connectons la plus puissante des forces ! C’ est dans notre ventre ,que la bombe a été placé, et c’est là qu’il nous faut retourner, pour la désamorcer. Seule notre Déesse peut briser les chaînes d’esclaves transmises par nos mères, et maintenues par nos pères, et par la même, nous révéler initiatrices.

Libérée, notre matrice nous offre aussi l’opportunité de donner à nos enfants, une première terre fertile, couvertes de fleurs d’amour et de paix. Ainsi nourris les neufs premiers mois de leur vie, il vont naître avec un trésor, portant l’espoir d’un monde nouveau. Une femme qui aime avec respect son ventre et son sexe, comme une terre sainte, à fait germer chez ses enfants, la capacité à aimer et à respecter la terre, à la sacralisé, et à la préserver Ce voyage vers l’intérieur, qui à chaque pas nous dénude d’une peur, est une vrai révolution, contre nos fausses convictions. C’est par nos larmes de compassion, que nous éroderons, chacune des pierres, et comme les rochers léchés par la mer , elles prendront la forme de statuts, symboles de nos enseignements vécus. Dévêtu de nos peurs, l’Amour nous offrira sa puissance, pour déplacer, et aligner, chacune de ses sculptures, créant ainsi, comme dans un temple, un défilé, nous invitant à aller au cœur de la grotte, ou attend notre Déesse depuis bien longtemps.

Notre masculin intérieur par ces efforts révélé ,comme un chevalier dévoué, au service de sa bien aimée, prendra sa juste place. Ensemble, main dans la main, réconciliés, vous pourrez aller réveiller la Déesse, tout en délicatesse,avec un doux baiser. Alors, elle vous révèlera peu à peu, à tout vos dons de femme initiatrice. Vous deviendrez à la fois la porte et la clef, le miroir magique ou chacune et chacun, pourra trouver la faille qui lui donne l’accès, au plus profond de ces secrets.. Vous serez celle qui accueille et accompagne sans jamais diriger , celle qui révèle et incite à persévérer, sans jamais nommer,car par la Déesse nourrie, et enseignée, de l’attente et du besoin de reconnaissance vous serez délivré, et du jugement préservé .Vous incarnerez celle qui, au service de l’amour, nous transporte d’Eros à Agapé Les rencontres ne seront plus appelées, par un vide à combler, mais par une plénitude à partager. Vous sonnerez l’appel, au souvenir constant, qu’entre ciel et terre, cascade lumineuse et geyser d’amour se mêlent et s’emmêlent pour nous offrir un nectar sans cesse renouvelé, qu’à chaque instant, nous pouvons savourer, quant à la présence, on apprend totalement à s’abandonner. A célébrer joyeusement la vie, par votre être nous serons conviées…

Vous pourrez alors inviter l’homme à venir traverser le temple, dans lequel chacune des statuts lui comptera l’histoire du féminin et du masculin, de leurs combats stériles, à leur réconciliation possible. Par chacune de ses statuts, il sera convié au voyage intérieur, au-delà du marais des mensonges destructeurs, dans un palais de glace vers les hautes cimes, ou leur énergie féminine,attend d’être délivré de leurs peurs. Sur le chemin, par son âme accompagné, il verra germer, et fleurir jusque dans son cœur, les graines du véritable amour de soi. Allongé sur la terre de la caverne, aux pieds des statues, en respirant et en caressant l’humus, il recevra l’enseignement de l’humilité. Alors, la Déesse lui offrira le feu du pardon pour forger son épée de lumière. C’est armé de son courage, de sa patience et de sa persévérance qu’il entreprendra son voyage. Il devra affronter,et pourfendre ses ombres aux yeux injectés de colère, couvert de manteaux d’orgueil, chaussées de doute, et aux cœurs chargés de peur, brandissant des épées de culpabilité Comme une onde sans cesse renouvelée, la Déesse l’aura encouragé, guidé, soutenu de son infinie tendresse. Dénudé de son orgueil et libéré de sa peur, l’homme aura appris à s’aimer, au cœur même de son imperfection, et à aimer, sans attendre la perfection. Au service de son énergie féminine, par sa vaillance libéré, sa puissance, il offrira, et chacune de ses actions, par son féminin ainsi inspiré, reflètera de l’amour l’éclat immaculé. Il pourra enfin goûter aux saveurs d’éternité, ou tout n’est qu’unité, dans ses unions de cœur à corps, avec la Déesse incarnée. De l’extase, il sera se délecter, la joie et la vie, il sera célébrer, car dans les bras de la Déesse il aura appris à s’abandonner. Sans regret, il pourra quitter le contrôle, qui vient de la peur, pour entrer dans la maîtrise, née de la confiance. La femme, par la Déesse initié, peut inviter autant ses sœurs ,que ses frères à faire le voyage, et les guider pour qu’ils trouvent en leur cœur, la clef qui les rendra libres d’aimer. Tout son être est invitation à ce voyage initiatique Ceux qui ne sont pas prêts, à prendre leur billet,l’évitent soigneusement ,et la craignent terriblement. Son principal enseignement est que l’amour, source sacré de vie, est avant tout notre véritable nature, et que la vie n’a pas pour but, de le chercher à l’extérieur de nous pour en être nourri , mais plutôt de le retrouver en nous , afin de l’incarner et de le manifester, pour le voir et le révéler, dans toute forme de vie. Lucide que jamais, l’homme ne viendra la délivré, du cachot ou il la jeté, pour se rendre aveugle, à la peur qui la rendu aliéné, la femme initiatrice peut être l’instigatrice, d’une révolution , d’un renversement, qui sera le fruit de plus de vie que de morts. La femme, consciente de la puissance de ses valeurs, pourra définitivement sortir de l’esclavage et prendre sa place. Par la Déesse enseigné, elle aura intégré, que le pardon, est bien plus puissant que toute forme de vengeance. Elle ne cherchera donc pas à son tour, à dominer les hommes Subtilement,elle sera les aider à quitter leur condition d’esclavage, aux besoins insatiables de l’égo. Alors, leurs qualités, retrouverons toute leurs beautés,car librement, elles serons mise au service, de l’énergie féminine, et nous pourrons voir naître l’espoir, d’un nouveau monde libre, bâtit sur les valeurs de l’amour.

Elisabeth LHOTELLIER , mars 2008.

 

Parfum d'utérus

Au plus profond de nous, dans notre silence intérieur, réside un Lieu de mystère, espace de création universelle d’où naît l’intuition. Lieu de mémoires, lieu de pouvoir, approchons-nous de ce qui est en dedans de nous et offrons au monde le féminin dont il a tant besoin. Cet organe tout intérieur incarne l’essence de notre féminité et pourtant il mène une existence misérable, oublié, renié au plus profond de notre corps.

Nous allons descendre et rencontrer notre mystère, notre puissance, pallier par pallier, en faisant des pauses, jusqu’au plus profond de nous-même… sans fausse pudeur.

Souvent à un pallier un événement de notre histoire émerge. Sa mémoire demande à être accueillie, comprise, digérée, intégrée. La rencontre avec l’utérus, son silence, sa créativité est une porte d’accès pour des perceptions illimitées. L’histoire commence par une exploration de soi, de son corps, de ses émotions pour développer plus de sensibilité, approfondir ses perceptions et pouvoir également se fier à ses propres sensations et à son intuition. Cette rencontre nous permet d’offrir à notre intimité la possibilité de se révéler, de devenir capable de l’entendre, de la recevoir, de comprendre comment va l’utérus et ce qu’il porte en lui. Dans cette rencontre avec soi-même, développer l’écoute, puis le senti.

« L’important n’est pas le but, mais le chemin » de connaissance que nous allons emprunter. Un chemin non balisé, rarement exploré… tout reste à découvrir.

Lieu de mémoires

L’utérus garde en mémoire les impacts des événements passés, de vécus agréables ou difficiles. Réceptacle universel, il garde aussi en mémoire des traces des générations passées, notre corps réagissant, sans que cela soit conscient, par exemple à une ancêtre morte en couche, rendant impossible la mise au monde d’un enfant, alors que médicalement, rien n’est à signaler. De même, lorsqu’un avortement est vécu dans la négation (non à l’enfant, non à la situation, non au partenaire), ce négatif reste bloqué dans l’utérus même quand l’enfant est parti. Un travail de nettoyage de cette mémoire est souvent nécessaire. Il en va de même pour les empreintes laissées par ceux qui ont voulu goûter au nectar, s’approcher du calice sans qu’ils y aient été invités…

Ce qu’on voit de l’utérus, c’est ce qui sort de lui : le sang, les bébés, et ce qui entre en lui : la semence dont il va se nourrir pour créer un nouvel être. Ce lieu a le pouvoir à la fois de contenir un être pendant neuf mois, l’énergie étant tournée vers l’intérieur, et d’expulser, de transformer sa chimie et les hormones, lorsque le bébé le demande, pour l’accompagner vers la sortie : c’est l’enfant qui informe l’utérus qu’il est prêt à sortir et ce dernier, qui a contenu pendant neuf mois, à l’écoute des besoins du bébé, sécrète les hormones qui modifient le contenant en expulsant.

Cycliquement, il prépare l’espace à accueillir la vie : dans cette phase du cycle nous sommes tournées vers l’intérieur, jusqu’au moment des lunes, période de tyoweh, d’écoute intérieure, où, dans le silence, nous arrivent du très profond des intuitions, des visions, des clarifications. Dans cette période l’énergie est tellement tournée vers l’intérieur que les objets nous échappent des mains. L’aviez-vous remarqué vous aussi ?

Les émotions stockées empoisonnent de l’intérieur et créent des pathologies qui vont finir par se voir à l’extérieur. Nos mémoires douloureuses laissent des traces et des marques jusque sur nos visages, dans nos regards, ces mémoires font qu’une distance s’installe entre nous et les autres, et ce n’est pas forcément cette distance que nous désirons, ce n’est pas celle-la, la « bonne » distance. Dans cette distance la peur a pris place, peur du contact, de l’intrusion, que l’autre vienne prendre à nouveau. Selon M.D. Piontek, « L’utérus est l’endroit privilégié dans le corps d’une femme où des années d’émotions négatives vont s’accumuler et empoisonner l’organisme féminin de l’intérieur. Les problèmes de l’utérus, comme les règles douloureuses, les pertes vaginales,les fibromes ou le cancer, sont des manifestations de cet empoisonnement intérieur. D’un point de vue médical, ces maladies sont considérées comme normales. Mais d’un autre côté, vivre en étant malheureuse, négative et pessimiste est une attitude qui montre à quel point la femme est déconnectée de son potentiel féminin… »

Chaque expérience sexuelle qui n’est pas source de joie est mémorisée dans le corps et particulièrement dans l’utérus. La violence sexuelle, l’absence d’amour et les conflits non résolus sont du poison pour un utérus affaibli. Faire l’amour en étant absente fait que l’on n’habite plus notre utérus, que nous nous coupons complètement de lui. A propos de ce vide de l’utérus, M. D. Piontek écrit « l’espoir le plus commun consiste à remplir positivement le vide négatif de l’utérus par la grossesse. Un utérus délaissé et malheureux est une des motivations inconscientes les plus puissantes pour tomber enceinte et avoir un enfant. La grossesse et le fait de devenir mère restent pour beaucoup de femmes la seule façon d’apporter du sens et un certain accomplissement dans leur vie et dans leur sexualité. Une vie de mère est très active, mais être nécessaire à quelqu’un et débordée n’a rien à voir avec être épanouie. » … et dans ces conditions, que se passera-t-il à la ménopause ? Il est fort probable que l’on retrouvera ce vide, comment le combler alors ? Bien sûr, les expériences plaisantes, joyeuses, extatiques sont aussi mémorisées dans ce lieu et lui apportent une énergie qui lui est vitale. A moi de prendre soin de ce calice, de m’offrir du temps pour entrer en moi et de l’écouter pour traverser les couches de douleurs, de peurs, et approcher le mystère. Et là, « la que sabe », Celle qui sait, dont parle Clarissa Pinkola Estès dans Femmes qui courent avec les loups, apparaît, parce que je lui ai laissé la place, que j’ai déblayé les couches qui me coupaient d’Elle.

Lieu de pratiques

Lorsque l’Utérus est serré, étroit, contracté… respirons dedans, SOYONS AVEC lui et offrons-lui le temps dont il a besoin pour se détendre. Apportons-lui notre présence, veillons sur lui et permettons-lui de se révéler, de s’ouvrir, de s’épanouir et invitons… la sexualité devient un acte sacré.

Nettoyer les mémoires de ce lieu signifie traverser la douleur, ses empreintes encore vivantes et vibrantes au plus profond de nous. Certaines femmes que j’ai accompagné dans ce processus conscient de nettoyage me témoignaient que cela modifiait complètement leur sang des menstrues : l’écoulement, la couleur, l’odeur et la consistance. Il arrive qu’au cours de la clarification d’une mémoire douloureuse, le sang soit très foncé, qu’il ait une odeur de vieux sang. Par cet émonctoire, le corps indique qu’il évacue ce « vieux truc ».

Nombreux sont les clairvoyants qui ont subi des violences lorsqu’ils étaient enfants. Ils ont appris à capter l’intention de l’autre, c’était un moyen de survie pour se protéger du danger. Le cadeau de cette situation est qu’ils ont développé leur intuition et des perceptions fines. L’inconvénient est que cette expérience de vie engendre une distance entre soi et les autres. A priori, cela paraît un bon moyen pour se protéger, mais cela isole. Le réflexe face à la rencontre avec l’autre sera de rejeter. Les spasmes douloureux en temps des lunes sont une réponse du corps au rejet des autres.

… et un jour il devient clair que l’on ne retrouvera pas l’état de pureté initiale recherché secrètement. C’est alors un bon moment pour traverser cet océan de peurs, ces mémoires collectives (oui, au fait, sont-elles miennes, toutes ces mémoires de peurs, ou bien m’ont-elles été transmises par les lignées de femmes dont je suis issue ?) pour s’approcher de ce lieu de mystère et écouter ce qu’il a à révéler. Pour faire un travail de nettoyage des mémoires de ce lieu, différents outils sont à disposition : le rêve éveillé, les pratiques énergétiques décrites par les taoïstes. Voici, par exemple, celle qui renforce l’ouverture et la fermeture des portes du bas en contractant et relâchant l’un après l’autre le vagin, le périnée et l’anus. L’utérus en est renforcé, et par la suite cette énergie peut monter jusqu’au cœur et le remplir, circuler dans tout le corps. Maitreyi D. Piontek explique que masser le périnée « renforcera les organes sexuels féminins, les autres portes inférieures, et aidera à clarifier l’esprit et à réguler les menstruations. C’est le périnée qui permet soit de faire remonter l’énergie sexuelle vers le haut, dans l’aspiration vers le divin, soit de laisser cette énergie s’écouler vers le bas. » elle décrit également des pratiques avec l’œuf énergétique pour muscler le vagin et renforcer l’utérus. La pratique de la récapitulation chamanique permet de libérer l’énergie stockée dans des mémoires d’humiliation, des situations difficiles, des relations sexuelles peu épanouissantes, des émotions douloureuses… Ecouter et visiter ce lieu… se pauser, faire silence et prendre soin de cet espace blessé en appliquant un baume de bienveillance. Je respire dans ce lieu, en y amenant ma présence, en développant un état de conscience, et me relie à son état naturel de sensualité pour qu’il redevienne un espace de douce chaleur et de grande sécurité. Et lorsque je me sens en sécurité dans mon utérus, j’ai la force pour affronter n’importe quelle situation : j’ai une vision claire et large, j’ai l’énergie pour réagir.

Lors de pratiques énergétiques, j’ai expérimenté être pleinement dans l’énergie de mon utérus, avec la sensation d’avoir presque autant d’assise et de stabilité que la Terre Mère : mon bassin s’étend, un peu comme si mes jambes apportaient la stabilité verticale et mon bassin la stabilité horizontale, comme un voilier qui flotte vers l’horizon, avec son mât et sa coque. Et alors l’énergie monte aux étages supérieurs de mon corps, jusqu’au cœur, et émet une onde horizontale qui, par résonance, touche les cœurs des autres, mes paroles étant chargées d’une toute autre qualité d’être.

Connectées à nos utérus, nos rêves changent de consistance, de contenu. En rêve éveillé, il m’est arrivé d’entendre mon utérus me révéler comment capter ce et ceux qui m’environnent, capter pour mieux percevoir, pour sentir s’il y a danger ou affinité. Je voyais que de mon utérus partaient des fils avec au bout un entonnoir-récepteur. Cela pourrait ressembler aux ventouses que le poulpe a sur ses tentacules, avec lesquelles il peut palper ce qui l’environne. La vie offre une multitude de possibilités pour mettre en pratique la reliance à notre utérus : faites-le comme un jeu en préparant un repas, en parlant, en chantant, en faisant partir un son de l’utérus, mettez de cette énergie dans tout ce que vous créez.…

Lieu de pouvoir

Ce lieu sacré aime se nourrir de créativité, d’agréable, d’une sexualité épanouie, d’un lien sensuel avec le vivant.

L’énergie de l’utérus est toujours là, même quand physiquement il n’y est plus : M. D. Piontek, dans son livre « Les secrets de la sexualité féminine », éditions le courrier du livre, invite les femmes ayant subi une hystérectomie à faire des pratiques énergétiques avec un œuf de pierre semi-précieuse, à « se consacrer intensément au bien-être de leur utérus, quand bien même celui-ci n’est plus physiquement présent. Les schémas énergétiques et les émotions qui ont causé la maladie sont toujours là et ont besoin d’être clarifiés et nettoyés. Travailler avec l’œuf énergétique peut s’avérer utile pour prévenir l’affaissement d’autres organes, ce qui est susceptible d’arriver plus facilement, du fait de l’espace inoccupé que laisse l’ablation de l’utérus. » Oui, se consacrer intensément au bien-être de notre utérus, l’habiter avec une douce présence… et l’écouter encore et encore. J’ai entendu dire que c’est à la ménopause qu’il est le plus bavard…

Pour rétablir le féminin en nous et le libérer, il n’y a pas d’autre possibilité que de guérir notre utérus. Nous relier à notre potentiel féminin… à notre énergie féminine, mieux nourrie par une sensation de bien-être que par une attitude de bien faire. Sentir qu’un bien être sensuel nous accompagne, quoi que nous fassions et sortir du « je dois », « il faut que ».

- Si je n’habite pas mon utérus, je n’habite pas l’espace le plus beau, le plus subtil de moi-même. J’habite dans une seule pièce où je me sens à l’étroit parce que j’ai eu peur d’aller visiter mon royaume, de me perdre dans son immensité, peur d’être aveuglée par sa beauté, absorbée par sa présence, anéantie par sa puissance. Je dois faire le premier pas moi-même, porter à mon utérus un regard bienveillant, le nourrir d’un amour sacré. Je ne peux pas demander à l’autre, mon partenaire, mon médecin… qu’il reconnaisse mon lieu de pouvoir, mon espace sacré à ma place.

L’utérus n’a pas seulement pour fonction de mettre au monde des enfants. Reliées à cette énergie inépuisable de création, il nous offre la possibilité d’enfanter de projets, de les garder en gestation en nous pendant un temps, puis de les mener à terme. Ce qui sort de nous, de notre créativité, est chargé de cette force de vie. Et c’est bon, de créer du vivant. Cela rend vivante, présente à la vie qui nous ensemence lorsque nous nous offrons à elle.

C’est à nous, Femmes, de lâcher nos doutes, de redevenir prêtresses et de prendre pleinement notre place. Non pas en jouant des coudes, ou de nos sentiments, ou de notre sexe, mais en disant notre vérité de femme, en osant dire « je ne suis pas prête pour t’accueillir », en osant prendre la parole justement lorsque nous sommes vulnérables. C’est celle-ci, notre plus grande arme, la vulnérabilité, parce qu’à ce moment-là, nous sommes au plus proche de nous ; alors nous pouvons être au plus proche de l’autre, si terrifiant soit-il !

Chercher à comprendre le mystère, c’est comme ouvrir une clochette pour voir d’où vient ce tintement. Je crois que c’est ce que l’homme cherche à faire lorsqu’il est intrusif : il cherche à s’approcher du mystère. Ce lieu sacré est tellement bien fait qu’il est inviolable. Celui qui cherche à l’ouvrir ou à prendre, à dérober du nectar de féminité n’aura fait « que » déposer une mémoire… à nettoyer. Le Lieu ne peut s’ouvrir que du dedans, après que nous l’ayons apprivoisé pendant tout le temps dont il a besoin. Le brusquer, oublier de l’écouter, de le respecter, vouloir aller trop vite et hop ! la magie disparaît.

Quand il s’ouvre, il révèle ses secrets et libère de cette substance de créativité par les rêves, les intuitions, des visions claires qui paraissaient sans solution.

L’Utérus, saint Graal, calice, créateur depuis la nuit des temps, de mère en fille, contient « Celle qui sait »… il est le premier cerveau des femmes et nous permet d’avoir accès au monde de l’énergie. Une de ses fonctions est d’amener vers l’intérieur, puis de l’intérieur vers l’extérieur. Il est une porte du visible vers l’invisible, un passage de l’invisible vers le visible. Il est ce chaudron magique qui transforme et donne vie. Cultiver le mystère : instaurer du temps pour être avec soi. Ecouter le tintement unique de notre utérus. Ne pas chercher à comprendre, ni à observer de l’extérieur, et sentir, sentir qu’une partie nous échappe et nous échappera toujours… et nous approcher du mystère. Sentir son odeur, sa couleur, nous laisser nous envelopper dans cette énergie, dans cette magie, comme enivré par un parfum. Sentir ce que tout le corps sécrète en réponse, les mémoires qu’il réveille, les voies subtiles qu’il empreinte pour créer de nouvelles mémoires.

Très subtil pouvoir que celui du parfum… en même temps insaisissable et omniprésent. Le parfum emprunte les voies respiratoires, puis se fond dans le sang et circule dans tout le corps. Dans les méridiens, il se mêle à l’énergie.

Parfum entêtant du jasmin, acidulé d’une rose ancienne, sensuel de l’ylang ylang… L’odeur vous vient instantanément ? Si je projette ylang ylang dans mon utérus, c’est-à-dire que je crée un espace, comme un œuf, une bulle dans laquelle je laisse ylang ylang se développer, je laisse la matrice s’occuper de cette bulle : je la sens chaude, palpitante, une sensualité se diffuse dans tout mon corps… je suis dedans cette bulle, je respire avec elle. Telle est la destinée des Femmes : exhaler le parfum de l’utérus et accueillir l’énergie, l’intuition, la perception, le rêve, l’idée, le nouveau, l’impensé… le créer, le mettre en gestation et l’offrir au monde.

Quand l’homme s’apprête à cesser de vouloir nous faire l’amour, quand il accepte de s’abandonner, de se laisser glisser dans le mystère du féminin, à nous d’être prête à ouvrir du dedans et, emportés par la fluidité, deux ne font plus qu’un… UN avec cette vie pétillante de beauté. Au-delà du seuil des vieilles mémoires encombrantes, alourdissantes, surgissent des mémoires de femmes de pouvoir, des rencontres avec « Celle qui sait », celle qui réside dans le silence et manifeste sa présence dès que nous nous rendons disponibles. Comme le parfum, elle te rencontrera, te parlera, t’enveloppera. Et ta relation avec elle aura un parfum unique. Son essence échappe aux mots. Voyage en toi, rencontre ton lieu de pouvoir, explore-le, hume son parfum et exhale-le…

Karine Nivon

NOTES : texte de la revue :Rêve de femmes

site : www.revedefemmes.net

 

Ode à ma Yoni

Yoni toi qui resplendit

Toi qui me remplit Et me comble

Toi qui m’éveille Qui m’ensorcèle Et me libère De mes peurs, de mes carcans

Yoni qui aime passionnément

Yoni belle et ouverte Coquillage rosé Tout rempli de rosée Et de fraîcheur matinale Et d’aurores boréales

Yoni qui m’appelle et qui pleure Parfois

Yoni qui a tant attendu La douceur, la vraie D’être aimée et admirée D’être ouverte et cajolée Vraiment

Ma Yoni Qui me porte et qui s’ouvre Qui sourit et me transporte Espiègle et rigolote Ou fermée et bougonne

Ma Yoni Fleur d’été qui s’ouvre au soleil Caressée d’un souffle léger

Ma Yoni Pure et idéale Ouverte ou fermée Toujours digne d’être aimée

Ma Yoni Belle et rebelle N’en fait qu’à sa tête N’en fait qu’à son clito Rit

Et sourit encore Petit bouton rosé Avec son grain de beauté Et ses lèvres tendres Joufflues et pointues Dessous c’est lisse et tendre Dedans c’est généreux

Ma Yoni est belle Et elle le sait

Ma Yoni veut de l’amour Et elle sait en donner

Ma Yoni mérite le meilleur Le plus beau, le plus pur Des amours

Ma Yoni a besoin d’énergie Et de joie aussi Et quand l’énergie la remplit C’est l’Everest qu’elle franchit

Car ma Yoni Aime le sport, elle aime jouer Elle aime rire Et même éternuer

Et quand elle danse Ma Yoni Le monde s’arrête de tourner Il fait une pause Pour regarder Et pour sentir Pour que l’onde se répande En cercles concentriques De ma Yoni

A tout mon corps

A toute la pièce

A toute la maison

A toute la ville

A tout le pays

A tout le continent

A toute la Terre

A tout le Ciel

A tout l’Univers

Car quand ma Yoni jouit C’est le monde qui rit.

Karine Ravier-Wrobel